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Retours mode en ligne : pourquoi ils explosent et comment les réduire

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6 min de lecture

Un client qui renvoie un vêtement n’est pas un client mécontent du produit. Dans l’immense majorité des cas, c’est un client qui a commandé la mauvaise taille faute d’avoir pu l’essayer. Le taux de retour dans la mode en ligne n’est pas un accident de parcours ou un signe de mauvaise qualité : il est structurellement élevé parce que l’acte d’achat lui-même a sauté une étape que la vente physique ne saute jamais, l’essayage. Tout ce qui compense cette étape manquante fait baisser le taux de retour. Tout ce qui l’ignore le laisse grimper.

Le vêtement est le produit le moins standardisé du e-commerce

Une visseuse ou un livre se décrivent en quelques lignes objectives. Un vêtement, non : sa coupe change d’une collection à l’autre, sa matière stretch ou non change son maintien, et une même taille affichée « M » ne correspond à aucune mesure fixe d’une marque à l’autre. Le client ne renvoie pas parce qu’il a changé d’avis sur le produit, il renvoie parce que l’information qui lui aurait permis de choisir juste n’était pas disponible au moment de l’achat.

Le guide des tailles mesuré à plat, pas des lettres

Un tableau « S, M, L, XL » ne dit rien d’utile à quelqu’un qui ne connaît pas déjà la coupe de la marque. Ce qui fonctionne, c’est un guide des tailles construit à partir de mesures prises directement sur le vêtement posé à plat : largeur de poitrine à plat multipliée par deux, longueur d’épaule à épaule, longueur totale, largeur de manche. En centimètres, sur le vêtement lui-même, pas sur une grille de correspondance générique reprise d’un site à l’autre. C’est fastidieux sur un catalogue de plusieurs centaines de références, mais c’est la seule information qui permette à un client de comparer un vêtement à un autre qu’il possède déjà et qui lui va. Une mesure à plat vaut plus que dix avis élogieux sur la qualité du tissu.

Les mensurations du mannequin, l’info qu’on oublie de donner

La photo produit montre un vêtement porté, mais elle ne dit presque jamais dans quelle taille, ni sur quel corps. Un client qui voit un pull « ample et fluide » sur une photo n’a aucun moyen de savoir si cet effet vient de la coupe du vêtement ou simplement du fait que le mannequin porte une taille au-dessus de la sienne. Indiquer systématiquement la taille portée et les mensurations du mannequin (tour de poitrine, tour de taille, tour de hanches, en centimètres) transforme une photo décorative en information de décision, pour le coût d’une ligne de texte par fiche produit.

Ce que disent les avis qui parlent vraiment de la taille

Les avis clients génériques (« très satisfaite, je recommande ») n’aident personne à choisir sa taille. Ceux qui comptent sont les avis qui précisent la taille commandée, la morphologie de la personne et si elle a pris sa taille habituelle, une taille au-dessus ou en dessous. Ce sont ces avis-là qu’il faut faire remonter en priorité et, si la plateforme d’avis le permet, faire renseigner systématiquement au client un champ « taille commandée » au dépôt d’avis. Un client hésitant qui lit « je fais du 38 habituellement, j’ai pris du 40 et c’est parfait » tient l’information la plus fiable qui existe, parce qu’elle vient d’un usage réel du vêtement, pas d’un guide théorique.

Le droit de rétractation et qui paie le retour

En vente à distance, le client dispose d’un droit de rétractation de quatorze jours à compter de la réception, sans avoir à justifier de motif, comme le rappelle service-public.fr. Sauf si le vendeur a proposé la gratuité, les frais de retour restent à la charge du client, à condition que cette règle ait été clairement annoncée avant l’achat. Beaucoup de marques indépendantes offrent malgré tout le retour gratuit pour rester compétitives, ce qui déplace tout le coût du problème sur elles-mêmes. Anticiper la bonne taille en amont n’est alors plus un confort pour l’acheteur, c’est un enjeu de marge direct pour la boutique.

Le coût réel d’un retour, bien au-delà du transport

Le prix du transport retour n’est que la partie visible. Un retour déclenche une chaîne d’opérations qui coûte en temps : réception du colis, contrôle visuel de l’état du vêtement, remise en stock (avec parfois un repassage ou un nettoyage nécessaire), et le risque qu’un vêtement essayé puis reposé sous blister ne soit plus vendable en neuf. Pour une petite structure où tout se décide à trois, ce temps se prend directement sur celui qui pourrait servir à traiter de nouvelles commandes. Un retour évité vaut structurellement plus qu’une vente supplémentaire, parce qu’une vente qui reste vendue ne mobilise aucune de ces étapes.

L’impact environnemental d’un vêtement qui fait l’aller-retour

Un retour n’est pas neutre non plus une fois sorti du bilan comptable. Il ajoute un trajet logistique supplémentaire, aller puis retour, et une partie des vêtements retournés ne repart jamais en vente : elle est déclassée, soldée à perte ou détruite quand la remise en état coûte plus cher que la valeur du produit. L’ADEME documente depuis plusieurs années l’empreinte du secteur textile et l’enjeu que représente l’allongement de la durée de vie réelle des vêtements, un objectif contrarié par des cycles achat-retour à répétition. Réduire les retours liés à la taille n’est donc pas qu’une question de rentabilité : c’est aussi limiter des kilomètres et des vêtements perdus qui ne relèvent d’aucune décision du client, seulement d’un manque d’information au moment du clic d’achat.

Ces réflexes de fiche produit s’appliquent à n’importe quel secteur vendu en ligne où la taille, la forme ou l’usage exact du produit ne peuvent pas être vérifiés avant réception : voir notre rubrique E-commerce & Business pour les autres leviers qui réduisent les retours sans rogner sur les ventes.


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